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03.05.2006
Forum français de la sécurité urbaine
Consultée sur le thème de la communication relative aux questions de sécurité urbaine, l’agence Proxité interviendra dans le cadre d’un colloque organisé le 6 avril prochain par le Forum Français de la Sécurité Urbaine, organisme qui regroupe plus de 150 collectivités afin d’échanger bonnes pratiques et retours d’expériences. Cette intervention sur le thème de l’information et de la communication en matière de prévention et de sécurité qualifie l’agence comme un acteur incontournable de la communication urbaine et territoriale.
La communication relative à la sécurité urbaine entendue comme gestion collective de la sécurité des biens et des personnes relève aujourd’hui de l’évidence. Que l’on pense à la puissance évocatrice de la tolérance zéro ou à la distinction entre insécurité réelle et sentiment d’insécurité, les questions de communication occupent une place de plus en plus importante dans la réflexion des collectivités territoriales. Suite aux violences urbaines du mois de novembre et dans un contexte où la nécessaire sûreté assurée par l’Etat doit se concilier avec des exigences de plus en plus nombreuses et impératives de la part des citoyens, Proxité propose un aperçu des problématiques, des enjeux et des réponses apportées aux questions de communication sur la sécurité urbaine.
Valoriser les enjeux de la sécurité urbaine par la communication
De manière générale et quelques soient les publics, la communication et l’information ne peuvent être établies sans qu’il y ait une connaissance précise des dispositifs existants et du climat social. La complexité des phénomènes d’insécurité urbaine implique la réalisation régulière d’un bilan permettant d’affiner les outils de communication et d’optimiser la gestion de ces problématiques au sein des espaces publics et privés (régulation des conflits, soutien aux parents, accès au droit, aide aux victimes, prévention des conduites à risques, alternatives à l’incarcération, gens du voyage, correspondants de nuit). Afin de déterminer les axes de communication valorisant les dispositifs de sécurité, des études quantitatives et qualitatives peuvent être menées et les réseaux associatifs peuvent être utilement mis à profit (associations para municipales, maison de quartier, conseil consultatif ou comité de quartier).
En France en particulier, quelques réserves se formulent sur le fonctionnement de la politique de la ville, on constate une tendance par comparaison avec les pays du Sud à avoir « plus de dispositifs, plus d’intermédiaires, plus de difficultés pour parler avec les collectivités locales ». La communication dresse le besoin d’aller dans le sens de la simplification de l’information.
Cette appropriation du sujet par la commune, la mairie, le conseil municipal, le maire consiste notamment à défricher les sentiments premiers, les idées reçues et la perception générale de la population par rapport à l’existant en matière de sécurité, de libertés publiques et d’environnement : connaître ce qui fait peur et ce qui plait afin de mieux déterminer les attentes citoyennes et les priorités.
Coproduction de la sécurité
Les quelques années d’existence des dispositifs C.L.S. et C.L.S.P.D. en mettant en évidence le rôle du maire et de la transmission d’informations soulignent l’importance de la coproduction de la sécurité et le partage des tâches. Aujourd’hui, la notion de « coproduction » de sécurité s’impose peu à peu et s’est instituée en principe dans la loi relative à la sécurité quotidienne. Toutefois, si la participation active d’institutions multiples à différents échelons territoriaux se développe, la place des populations concernées ou plus généralement, des habitants, des bénévoles, reste à approfondir.
Si le rappel des droits et devoirs de chacun (parents, enfants, responsables associatifs) et des outils mis en place (CLS, CLSPD, police municipale, vidéo surveillance,..) par les autorités pour assurer la sécurité est un préalable indispensable, la reconnaissance des savoirs et des savoir-faire des habitants est, dorénavant, à prendre en compte. Trop souvent, l’approche institutionnelle ou purement idéologique s’est révélée être un écueil en la matière. Aussi, la rencontre des différents publics cibles va permettre de définir un ton plus adapté à ce type de communication, prenant compte des paroles de chacun.
Ecouter le public et lui rendre des comptes représente une nouvelle façon de faire. Cette procédure touche à l’essentiel de l’idée des Villes plus sûres – la reconstruction du capital civique – les valeurs partagées dans le cadre desquelles nos villes peuvent fonctionner dans un environnement sûr. Si tous les acteurs collaborent dans un respect mutuel fondé sur des relations d’égalité, il sera possible de rétablir les valeurs communes qui ouvrent le chemin à une vraie communication.
Ton et approche
Dans l’ensemble, les acteurs connaissent bien ce qui les concerne, et s’il faut éviter les discours spécialisés rendant compte d’une réalité fragmentaire difficilement compatible avec la production d’un discours global, les populations ont besoin de se sentir écoutées et leurs paroles justement considérées. Ainsi, le soutien des initiatives populaires en matière de communication sur la sécurité est un acte majeur ; l’approche institutionnelle risquant d’être décalée avec la pratique de la rue, des incivilités ou violences.
De même, la communication gagne à s’appuyer sur l’ensemble des thématiques qui concernent le cadre de vie. Plutôt que ne parler que de sécurité, il convient d’inscrire les questions de sécurité urbaine dans une approche globale qui consiste à considérer les enjeux de rénovation urbaine, de démocratie participative, de développement durable comme des vecteurs de communication stratégiques dans la production du sentiment de sécurité (propreté, signalétique, mobiliers urbains, panneaux explicatifs, art urbain, agenda 21). Une communication ponctuelle de la collectivité sur ces questions ne peut suffire, il faut au contraire assurer un suivi à l’ensemble des habitants et aux acteurs directement concernés (cahiers et dossiers spéciaux au sein d’un bulletin, rubrique sécurité et cadre de vie sur un site Internet)
L’attitude face aux médias
Enfin, l’appropriation des enjeux et problématiques passe aussi par la responsabilisation des médias sur leur rôle de catalyseur quant aux phénomènes de violences urbaines.
En matière de sécurité et de psychologie collective, les médias jouent un rôle essentiel ; un reportage d’une minute à peine peut mettre au sol un travail de terrain de plusieurs mois. Car si les statistiques concernant les violences ont tendances à baisser, la couverture qui leur est faite à toujours tendance à augmenter. Aussi, il convient d’avoir un discours valorisant vis-à-vis des quartiers sensibles en insistant sur les initiatives populaires et porteuses. Il ne s’agit pas de brider le nécessaire devoir d’informer mais d’éviter, contre les nouvelles formes de violences, physiques ou symboliques, l’usure de la compassion et le catastrophisme.
Communication comme vecteur de sécurité
Le langue commune ainsi que la reconnaissance des lois sont les deux piliers de l’intégration républicaine. Aussi, quand les lois de la république tendent à être moins respectées, l’insistance doit se faire sur l’utilisation de signes et de mots communs pour renforcer le sentiment d’appartenance à la collectivité. Dans cette perspective, la communication graphique ne doit pas être négligée. Porteuse de sens, l’image en dit souvent bien plus long qu’un discours.
Pour conclure, la communication relative aux questions de sécurité et de prévention de la délinquance, loin d’être un gadget, contribue à renforcer les sentiments d’appartenance et de sécurité des habitants. La participation active et reconnue de ces derniers dans la production du discours mais aussi des supports est un enjeu en lui-même permettant de réduire l’espace qui se trouve entre insécurité réelle et sentiment d’insécurité.
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