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13.02.2006
Interview Proxité - Jean Claude Carle
Avec le souci d’étendre le principe constitutionnel de respect du pluralisme des opinions à toutes les formes de communication des collectivités territoriales et non plus aux seuls journaux municipaux comme c’est le cas à l’heure actuelle, Jean Claude Carle, sénateur de Haute-Savoie, a déposé une proposition de loi visant à moraliser l’usage de la communication institutionnelle (texte n° 494 déposé au sénat le 3 août 2005). Ce texte signé par 60 sénatrices et sénateurs constituerai la première pièce d’un cadre à la communication des collectivités territoriales qui n’existe, pour l’instant, qu’au travers de dispositions éparses dans l’édifice législatif. S’agit-il d’une tentative de faire du tort aux nouveaux exécutifs régionaux ou d’un pas vers une communication plus citoyenne ? Proxité est allé à sa rencontre. Extraits.
Proxité - Quels ont été les facteurs déterminants au dépôt de cette proposition de loi ?
J.C. Carle - La première raison est sans doute l’explosion des dépenses de communication des collectivités territoriales, remarquée notamment à la lecture de la presse mais aussi au travers du rapport parlementaire du député Hervé Mariton. Si cette forte croissance peut certes s’expliquer par la promotion de la collectivité à l’étranger, auprès des entreprises et des citoyens, son évolution vers une forme moins institutionnelle et s’apparentant à de la propagande est aussi un facteur déterminant.
Proxité - Pouvez vous donner des exemples concrets de communication d’ « opposition territoriale » face au gouvernement ou à d’autres collectivités ?
J.C. Carle - Je pense en particulier à une campagne d’affichage dénigrant l’action du gouvernement engagée par l’exécutif départemental de Seine-et-marne, il ne me semble pas normal que la majorité puisse mener une telle campagne sans que l’opposition puisse y répondre. Il s’agit donc d’une part d’interdire les communications de dénigrements et d’autre part de faire en sorte qu’une collectivité ne puisse s’exprimer sur une compétence qu’elle n’exerce pas, simple transposition du principe constitutionnel d’absence de tutelle d’une collectivité sur une autre.
Proxité - Vous reportez au règlement intérieur des collectivités les modalités pratiques de l’exercice du droit d’expression des conseillers n’appartenant pas à la majorité, pensez vous que les collectivités soient suffisamment responsables pour s’autoréguler ?
J.C. Carle - Personne n’a intérêt à voir sur un même tract ou affiche le message d’une majorité et plusieurs encarts correspondant aux tribunes des groupes d’opposition. L’intérêt de la collectivité consistant à établir un consensus en la matière, je fais confiance sur ce point à la capacité des exécutifs locaux à éditer et à s’imposer un code bonne conduite.
Proxité - Cette proposition intègre nettement les spécificités de l’émetteur, que penser de celles du destinataire, le citoyen ?
J.C Carle - Il ne s’agit pas d’interdire aux hommes et aux partis politiques de communiquer, ni de réduire ou de brider la communication des collectivités dans la mesure où elle consiste à valoriser les réalisations et les projets de l’institution. En ce qui concerne la communication des groupes politiques au sein des collectivités, des budgets spécifiques sont alloués. Par exemple, le groupe UMP en région Rhône-Alpes a publié un livre blanc sur la gestion de l’exécutif, elle l’a financé sur un budget spécifique qui lui est propre. De ce point de vue, les informations transmises aux citoyens seront enrichies et mieux encadrées car moins polémiques.
Proxité - En ce qui concerne l’opposition au sein des collectivités, vous citez les journaux municipaux, l’affichage municipal, la publicité par voie commerciale mais vous ne citez pas explicitement la communication sur Internet, pourquoi ?
J.C Carle - En tout état de cause, l’Internet en tant que support de communication est un média à part entière, il est donc normal de voir sur les sites des collectivités, un espace réservé à l’expression des groupes qui n’appartiennent pas à la majorité. Cette proposition de loi vise tous les supports de communication des collectivités quels qu’ils soient.
Proxité - Quelles suites envisagez vous pour votre proposition de loi ?
Jean-Claude Carle - Je ne prétends pas avoir déterminé de manière définitive la réponse à ces nouveaux problèmes, j’espère au contraire que des limites seront fixées lors de la discussion de la proposition de loi et à l’aune des pratiques localement constatées. Nous attendons que des amendements s’ajoutent à celle ci afin de l’étoffer.
Proxité - Plus généralement, que pensez vous de l’emploi des nouvelles technologies dans la communication des hommes et des partis politiques ?
J.C Carle – Sans être un grand spécialiste des nouvelles technologies de communication et d’ information il me semble, comme pour le secteur économique ou culturel, que les règles juridiques se mettent en place petit à petit et que la nécessité de fixer des règles est commune à tous les secteurs de la société, en matière de communication politique comme ailleurs.
09:55 Publié dans communication publique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : communication publique, communication politique, nouvelle loi, encadrement juridique
02.02.2006
La politique a rattrapé son retard en terme de communication sur l’internet : les blogs des présidentiables
Le Blog est désormais l’instrument phare des campagnes des politiques. Si nombre d’entre eux, du conseiller municipal d’une petite commune au président de région, se sont déjà dotés d’un blog, seuls deux candidats à l’élection présidentielle parmi la quinzaine déjà déclarés sont des blogueurs véritables : Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang. En ce qui concerne l’élection à venir, quelle est la stratégie des différents candidats en matière de solutions Internet ?
La politique a rattrapé son retard en terme de communication sur l’internet.
DSK (www.dsk.typepad.com)est considéré comme le pionnier de la blogpolitique en France. Son bloc-notes, créé en avril 2004 par Loïc Le meur, ressemble à un club de réflexion en ligne, où il essaye ses idées et commente l'actualité, aidé par trois collaborateurs. Toutefois au regard de l’utilisation qui pourrait en être faite, son blog ne semble pas, pour l'instant, lui servir de plate-forme personnelle pour 2007 et nous n'y trouvons aucun commentaire sur les autres présidentiables socialistes.
D’autre part, Jack Lang s'est lancé en juin 2005. Si les débuts ont été difficiles (www.loiclemeur.com), les interventions quotidiennes et le ton plus personnel, lui ont permis de gagner en légitimité. A l’instar de Juppé, il déclarait : "Je ne dirais pas le quart de ce que je dis ici dans un média traditionnel". Sur sa candidature, Jack Lang explique : "Il n'y a aucune raison d'y voir une opposition à tel ou telle. Je suis fier d'avoir toujours défendu la ligne de la direction du Parti socialiste, derrière François Hollande".
François Hollande, quant à lui, fait partie des non-blogueurs. Un site Internet des plus classiques semble suffire aux ambitions électroniques de Premier secrétaire du parti socialiste.
Quant à Laurent Fabius, il a lancé un site perso assez élaboré au printemps 2005, expliquant qu’il n’avait pas le temps de se consacrer à la tenue d’un blog. Sur son site, qu'il considère comme sa contribution au "projet 2007", des messages peuvent lui être transmis via la rubrique "Vos propositions". C'est néanmoins l'information qui prime sur l'interactivité.
Autre catégorie de candidats : ceux qui n'ont ni blog ni site dédié. C'est le cas de François Bayrou, d'Olivier Besancenot, de Christine Boutin, de Marie-George Buffet, de Philippe de Villiers et de Jean-Marie Le Pen. Ces derniers se contentent du site de leur parti respectif...
Si en googlisant Lionel Jospin, nous tombons d’abord sur un site dédié et inaccessible, la surprise est grande de voir son nom apparaître, outre la page wiki, sur un lien sponsorisé vers le site de l'UMP ! A croire que le parti de la majorité a encore étendu sa liste de mots-clés Google AdWords...
Nous entrons enfin dans la catégorie des candidats "blogués". Outre Ségolène Royal (au moins dix sites lui sont consacrés), elle compte Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy. Certains de ces blogs sont réalisés par des jeunes UMP, d'autres par des citoyens soucieux de "faire vivre l'e-démocratie". Tous sont restés très actifs.
Les blogs consacrés au ministre de l'Intérieur se classent, eux, en deux groupes : les amis et les ennemis. Parmi les premiers, il y a l'association des Amis de Nicolas Sarkozy, qui dispose d'un blog, avec louanges et pétitions de soutien. Les sites "ennemis" sont moins nombreux, mais très dynamiques. A visiter : le blog satirique Sarkostique, le blog Tous contre Sarko.
En conclusion, il semble que l’intérêt d’avoir un blog ne soit pas le même pour tous les candidats. Matériellement, les fonctions publiques occupées par ces personnalités qui n’ont déjà pas beaucoup de temps à consacrer à leur famille, ne laissent pas tellement d'occasions pour tenir leur propre blog.
Peu exposé ou dans l’opposition, un candidat a tout intérêt, au contraire, à générer du buzz autour de sa personne sur Internet. Inversement, être ministre d’Etat facilite les invitations dans les grands médias ou au JT de 20H, et de ce fait, la tenue d’un blog n’est pas aussi stratégique. D’ailleurs attend t-on d’un membre du gouvernement qu’il se livre sur le ton de la confidence à ses concitoyens ?
18:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.02.2006
Blogs Politiques 2.0
Dsk, Juppé, le sénateur Alain Lambert, ou la conseillère d'arrondissement Roxane Decortes se sont mis à blogger. Citer ces quelques uns, c'est occulter tous les autres, hommes ou femmes politiques, qui se donnent la peine d'ouvrir leur page perso sous la forme d'un blog pour y exprimer leurs convictions, leurs actions ou y faire leur pub. Pourtant, c'est bien de la généralisation des blogs politiques que la soirée organisée le 30 janvier à L'entrepôt dans le 14 ème traitait. Il y était question du profil des bloggeurs, des interactions entre les blogs politiques, de leurs effets et des intentions de ceux qui les ouvrent. Les intervenants qui, de par leur notoriété grandissante, se voient de plus en plus sollicités - on parle de Lemeurisation pour qui a le privilège d'être cité par le bloggeur tête de file du moment - y allaient d'anecdotes croustillantes sur l'invitation de L'UDF à son congrès ou à celle du Forum de Davos. Autant de détails qui, ajoutés les uns aux autres, témoignent de l'ampleur du phénomène.
160 personnes se sont réunies à cette occasion et il ne serait pas surprenant qu'elles soient 2000 d'ici peu.
Sur le fond, un problème revient, celui des limites à apporter à la communication politique sur l'Internet. Révélée par Tristan Mendès-France qui interpellait le chargé de l'e-communication de Nicolas Sarkozy, Arnaud Dassier, la question de la publicité politique par e-mail, baptisée Sarkospam pour l'occasion, occupe encore les esprits et n'a pas d'encadrement juridique. Je vous invite à aller voir l'extrait et à me donner vos impressions sur le sujet : http://www.memoire-vive.org/
11:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


